Jun'ichirō Koizumi (純一郎 小泉 note) ; né le 8 janvier 1942) est un homme politique japonais. Il a été le Premier ministre du Japon de 2001 à 2006.
Dès son investiture à la tête du Parti libéral démocrate (PLD) majoritaire en 2001, il se démarque en tant que réformateur économique, se concentrant sur la dette du gouvernement du Japon et la privatisation de son service postal. En 2005, Koizumi mène le PLD à une des plus large majorités parlementaires dans l'histoire moderne du Japon. Il fut par contre critiqué pour avoir sévèrement mis à mal les relations diplomatiques du Japon avec les pays asiatiques voisins tels que la Chine et la Corée du Sud avec ses visites controversées au Sanctuaire de Yasukuni. Son mandat prit fin le 26 septembre 2006.
Le 24 avril 2001 il devient président du PLD, devenant ainsi le 26 avril 2001, premier ministre du Japon, succédant à Yoshirō Mori (森 喜朗).
Depuis le 13 août 2001, il va chaque année rendre hommage au sanctuaire de Yasukuni, dans lequel sont honorées les mémoires des soldats tombés lors des différents conflits dans lesquels les Japonais participèrent depuis 1868, parmi lesquels quatorze criminels de guerre de classe A condamnés lors du procès de Tōkyō. C'est une cause récurrente de tensions avec la Corée du Sud et la Chine.
En 2004, pour la première fois, il envoya les Forces d'auto-défense (jieitai, 自衛隊, armée japonaise) sur un théâtre d'actions militaires (les FAD n'ont constitutionnellement pas le droit de prendre part à une guerre), après avoir élargi leur domaine de compétences à des déplacements à l'étranger en 2001 pour des actions de nature non-militaires.
Au cours de l'année 2004, l'action de Koizumi dans le champ de la diplomatie internationale fut principalement consacrée au problème nord-coréen, essentiellement en cherchant à en savoir plus sur la situation actuelle de nombreux Japonais enlevés par les services secrets nord-coréens à la fin des années 1970 et au début des années 1980 (voir l'article détaillé sur les Relations nippo - nord-coréennes pendant le mandat de Junichiro Koizumi).
Été 2005 : suite au rejet de sa proposition de privatisation de la poste par la chambre haute, il dissout la chambre basse (la Constitution ne lui donnant aucun pouvoir sur la première), afin de provoquer des élections législatives anticipées qu'il remporte le 11 septembre 2005. Il peut ainsi relancer la réforme en position de force au Parlement. Cette réforme phare de son gouvernement prépare le démantelement en quatre entités de cet établissement monstrueux au centre de plusieurs scandales de corruption. Japan Post est entre autre un fond de pension parmi les plus important au monde, à la tête d'environ 2 600 milliards d'euros d'épargne. Ce poids financier colossal est mis au service de l'état japonais en lui permettant, notamment, de financer les dépenses d'infrastructures routières. Mais les liens troubles entre le Parti Libéral Démocrate, les dirigeants de Japan Post et les entrepreneurs de travaux publics aboutissent à des malversations. Les autoroutes inutiles sortent de terre, l'argent public s'engouffre dans les caisses noires des partis et le déficit de l'état se creuse. Le démantèlement de la poste devrait commencer en 2007 et se terminer en 2017. Il pose néanmoins à terme la question du refinancement de l'état japonais, une poste privatisée pouvant préférer investir ailleurs que dans les obligations d'un état en quasi-banqueroute.
En 2006, il réalise finalement sa promesse électorale de visiter le sanctuaire de Yasukuni le 15 août, jour-anniversaire de la reddition du Japon, ce qui provoque, comme chaque précédente visite, un tollé auprès des pays asiatiques voisins.
Shinzō Abe lui succède le 26 septembre 2006.